18/07/2005

Réflexion

Le chemin vers le paradis est un chemin comme il en existe tant d'aures. Parfois c'est une chaussée, parfois un sentier qui traverse la forêt. L'important n'est pas la taille de la voie c'est de trouver le bonne itinéraire car pour accéder au paradis ,au royaume des anges, il faut profiter de toute chose, grande ou petite, qui nous entoure. Ce sont nos bonheur passés, présents et à venir qui en constituent chaque mètre. Les seuls panneaux d'indication pour ne pas sortir du chemin sont issus de l'amour. Mais si un jour vous perdez la trace de votre route ne vous en faites pas tôt ou tard vous la retrouverez. 

Qu'en penser vous?
Dans un livre, j'ai lu que les humains ne construisaient pas leur bonheur mais diminuaient leur malheur. Est ce vrai?

11:40 Écrit par ecrivain89 | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/07/2005

La charge des cuirassiers à Waterloo

La charge des cuirassiers à Waterloo

 

   

Ils étaient trois mille cinq cents. Ils faisaient un front d’un quart de lieue. C’étaient des hommes géants sur des chevaux colosses. Ils étaient vingt-six escadrons, et ils avaient derrière eux, pour les appuyer, la division de Lefebvre-Desnouettes, les cents six gendarmes d’élite, les chasseurs  de la Garde, onze cent quatre-vingt-dix-sept hommes, et les lanciers de la Garde, huit cent quatre-vingts lances. Ils portaient le casque sans crins et la cuirasse de fer battu, avec les pistolets d’arçon dans les fontes et les longs sabre-épée. Le matin toute l’armée les avait admirés quand, à neuf heures, les clairons sonnant, toutes les musiques chantant Veillons au salut de l’Empire, ils étaient venus, colonne épaisse, une de leurs batteries à leur flanc, l’autre à leur centre se déployer sur deux rangs entre la chaussée de Genappe et Frishemont, et prendre leur place de bataille dans cette puissante deuxième ligne si savamment composée par Napoléon, laquelle ayant à son extrémité de droite les cuirassiers de Milhaud, avait pour ainsi dire deux ailes de fer.

   L’aide de camp Bernard leur porta l’ordre de l’empereur. Ney tira son épée et pris la tête. Les escadrons énormes s’ébranlèrent.

   On vit alors spectacle formidable.

    Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent, formée en colonne par division, descendit, d’un même mouvement et comme un seul homme, avec la précision d’un bélier de bronze qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s’enfonça dans le fond redoutable où tant d’hommes déjà étaient tombés, y disparut dans la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l’autre coté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l’épouvantable pente de boue du plateau de Mont-Saint-Jean. Ils montaient, graves, menaçant imperturbables ; dans les intervalles de la mousqueterie et de l’artillerie, o entendait ce piétinement colossal. Etant deux divisions, ils étaient deux colonnes ; la division Wathier avait la droite, la division Delord avait la gauche. On croyait  voir de loin s’allonger vers la crête du plateau deux immenses couleuvres d’acier. Cela traversa la bataille comme un prodige.

   Rien de semblable ne s’était vu depuis la prise de la grande redoute de la Moskowa par la grosse cavalerie ; Murat y manquait, mais Ney s’y retrouvait.

Il semblait que cette masse était devenue  monstre et n’eut qu’une âme. Chaque escadron ondulait et se gonflait comme un anneau du polype. On les apercevait à travers une vaste fumée déchirée ça et là.. Pèle mêle de casques, de cris, de sabres, bondissement orageux des croupes des chevaux dans le canon et la fanfare, tumulte discipliné et terrible ; là-dessus les cuirasses, comme les écailles sur l’hydre.

   Ces récits semblent d’un autre âge. Quelque chose de pareil à cette vision apparaissait sans doute dans les vieilles épopées orphiques racontant les hommes chevaux, les antiques hippanthropes, ces titans à face humaine et à poitrail équestre dont le galop escalada l’Olympe, horribles, invulnérables, sublimes ; dieux et bêtes.

   Bizarre coïncidence numérique, vingt-six bataillons allaient recevoir ces vingt-six escadrons. Derrière la crête du plateau, à l’ombre de la batterie masquée, l’infanterie anglaise, formée en treize carrés, deux bataillons par carré, et sur deux lignes, sept sur la première, six sur la seconde, la crosse à l’épaule, couchant en joue ce qui allait venir, calme, muette, immobile attendait. Elle ne voyait pas les cuirassiers et les cuirassiers ne la voyaient pas. Elle écoutait monter cette marée d’hommes. Elle entendait le grossissement du bruit des trois mille chevaux, le frappement alternatif et symétrique des sabots au grand trot, le froissement des cuirasses, le cliquetis des sabres, et une sorte de grand souffle farouche. Il y eut un silence redoutable, puis subitement, une longue file de bras levés brandissant des sabres apparut au-dessus de la crête, et les casques, et les trompettes, et les étendards, et trois milles tètes à moustaches grises criant : Vive l’Empereur ! Toute cette cavalerie déboucha sur le plateau, et ce fut comme l’entrée d’un tremblement de terre…

 

 

   Soudain paraît un obstacle imprévu, le chemin creux d’Ohain que la crête dissimulait ; lancée au galop, la tête de colonne s’y écrase dans un effroyable pèle mêle d’hommes et de chevaux jusqu’à ce que le ravin soit comblé… Enfin, les survivants, et la colonne Delord, qui a passé plus à gauche, abordent l’infanterie anglaise.

 

   Les cuirassiers se ruèrent sur les carrés anglais. Ventre à terre, brides lâchées, sabres aux dents, pistolets au poing, telle fut l’attaque. Il y a des moments dans les batailles où l’âme durcit l’homme jusqu’à changer le soldat en statue, et où toute cette chair se fait granit. Les bataillons, éperdument assaillis, ne bougèrent pas. Alors ce fut effrayant.

  Toutes les faces des carrés anglais furent attaquées à la fois. Un tournoiement frénétique les enveloppa. Cette froide infanterie demeura impassible. Le premier rang genou à terre, recevait  les cuirassiers sur les baïonnettes, le second rang les fusillait ; derrière le second rang les canonniers chargeaient les pièces, le front du carré s’ouvrait, laissait passer une éruption de mitraille et se refermait. Les cuirassiers répondaient par l’écrasement. Leurs grands chevaux se cabraient, enjambaient les rangs, sautaient par-dessus les baïonnettes et tombaient, gigantesques, au milieu de ces quatre murs vivants. Les boulets faisaient des trouvées dans les cuirassiers, les cuirassiers faisaient des brèches dans les carrés. Des files d’hommes disparaissaient broyé sous les chevaux. Les baïonnettes s’enfonçaient dans les ventres de ces centaures. De là une difformité de blessures qu’on n'a pas vue peut-être ailleurs.

Les carrés rongés par cette cavalerie forcenée, se rétrécissaient sans broncher. Inépuisables en mitraille, ils faisaient explosion au milieu des assaillants. La figure de ce combat était monstrueuse. Ces carrés n’étaient plus des bataillons, c’étaient des cratères ; ces cuirassiers n’étaient plus une cavalerie, c’était une tempête. Chaque carré était un volcan attaqué par un nuage ; la lave combattait la foudre.

Victor Hugo, les Misérables





12:42 Écrit par ecrivain89 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les canards du Roi

Les canards du roi.

 

Dans un château vivait un roi. Il possédait tout ce qu’un roi honnête peut désirer. Son vaste royaume fournissait à ses sujets les plus beaux fruits que la Terre ait jamais portés. Des champs fertiles s’étendaient à perte de vue. Des animaux de toutes sortes peuplaient les forêts et les campagnes.

 

Mais les sujets du roi ne pouvaient se satisfaire de tant de richesse : ils désiraient tous bien davantage.

 

Le paysan cultivait un jardin qui lui procurait suffisamment de légumes pour nourrir sa famille entière. Pourtant il calculait inlassablement :

 

-Si la pluie ravageait le champ de mon voisin, il serait ruiné et je pourrais racheter ses terres à vil prix. Avec un plus grand terrain, je pourrais vendre plus de légumes et gagner ainsi plus d’argent !

 

Le forgeron du roi, lui, ferrant les sabots des chevaux gagnait plus qu’assez d’argent pour n’avoir à se soucier de rien. Mai, guidé par l’appât du gain, il ne cessait d’augmenter ses prix.

 

-Si mes clients ne sont pas assez riches pour me payer décemment, ils ne méritent pas que je m’occupe de leurs bêtes, disait-il, hargneux. Avec plus d’argent, j’achèterai l’autre forge du village et je pourrai ferrer tous les chevaux du royaume. Alors, sans concurrence, mes prix n’auront plus de limites.

 

Le meunier possédait son propre moulin à eau et travaillait dur. Sa fleur de farine était tellement réputée qu’on accourait de loin pour s’en procurer : les gens faisaient parfois la file plusieurs heures durant, craignant que cette exceptionnelle denrée ne vienne à manquer. Comblé, le meunier rêvait pourtant, lui aussi, de devenir aussi riche qu’un prince…à tout prix. Ne racontait-on pas qu’on l’avait vu roder autour du vieux moulin à vent la nuit même où les flammes l’avait entièrement détruit.

 

Les barons, quant à eux, maîtres après le roi, possédaient d’immenses terres et percevaient une fraction de toutes les récoltes. Cependant, chaque jour, ils entretenaient une petite armée et se battaient pour tenter d’agrandir leurs possessions en arrachant des lopins de terre fertile au duché voisin.

 

Quel contraste avec le bon roi qui s’estimait satisfait et heureux de son sort. Il n’avait d’autres ambitions que de préserver la paix dans son royaume et calmer les appétits insatiables. Bien sûr, il devait protéger ses frontières lorsque les rois voisins voulaient s’emparer d’une part de son royaume : mais une fois l’ennemi repoussé, il ne cherchait nullement à guerroyer davantage.

 

-Pourquoi vouloir toujours plus ? La guerre est une bien mauvaise chose pour nos paysans. Que peut-elle nous apporter, nous qui avons tout ce qu’il nous faut pour vivre !

 

Aussi inimaginable que cela puisse paraître, les revenus du royaume servaient à aménager des terrains où les enfants pouvaient jouer, dessiner, lire ou simplement ne rien faire.

Le roi prenait le temps de rencontrer les paysans, les forgerons, les meuniers, les barons pour les écouter, discuter avec eux et tenter de leur faire comprendre que leurs ambitions ne leu procureraient rien de plus.

 

Mais le roi était désespéré de ne jamais rencontrer d’hommes ou de femmes partageant son point de vue. Il fallait toujours convaincre, et encore convaincre… Alors, on le voyait de plus en plus souvent se promener par monts et par vaux. Certains prétendaient même qu’on l’avait aperçu en pleine conversation avec un renard, une poule, ou un pinson.

 

Un jour, le roi disparut de son château plus longtemps que  de coutume. On le chercha partout : dans les jardins, sur les terrasses, dans les écuries. Puis dans les bois et les champs voisins. Une nuit entière, les sujets du royaume s’affolèrent : le roi avait-il été enlevé ? Ou avait-il simplement décidé de partir ? Ce qui, finalement, n’enchantait que peu de monde.

 

On fouilla les moindres recoins du château. Impossible de le retrouver. L’alerte générale fut alors sonnée dans le royaume. Les hérauts criaient sur les places publiques : « Généreuse récompense promise à quiconque pourra fournir un indice ».

 

Le lendemain, le roi, qui avait pourtant un horaire très chargé ce jour-là, fut retrouver assis sur un arbre tombé près d’un  étang. Mais pas seul : plus de deux cents canards, attentifs, l’écoutaient raconter les malheurs de l’humanité en distribuant des morceaux de pain.

 

Lorsque les premiers gardes approchèrent, ils entendirent le roi lancer aux canards :

-Mais si vous verrez un jour, les hommes cesseront de se battre. J’en suis certain !

 

A ces mots, tous les canards s’envolèrent dans un fracas d’ailes, faisant claquer l’eau et « ricancannant » à tue tête :

 

-can ! can ! can ! can! Can! Quand !

 

Comme une odeur de soupe et autres contes d’un Québec lointain. Marc Laberge                  éd. Lansman


09:14 Écrit par ecrivain89 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/07/2005

Bienvenue

Bienvenue sur la dernière partie du système Si j'ose écrire ( http://si-jose-ecrire.skynetblogs.be/ ) Voci le coin où je regroupe les plus beaux textes à mon point de vue. Bonne lecture.

21:37 Écrit par ecrivain89 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |